Anatole Gonon
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Empreinte

Empreinte

Voilà sept ans que le restaurant de Marine et Baptiste Fournier borde la place Valencia. Guidés par l’intention de nourrir dans ce qu’elle a de plus noble, ils ont posé leur empreinte avec discrétion et humilité. Pourtant, leur table demeure assurément l’une des plus inspirantes de la région.

A travers les assiettes de Baptiste, dont on peine à croire qu’elles soient réalisées par une seule paire de mains tant tout y est juste, on goûte véritablement l’essence d’un territoire, au rythme de ses micro-saisons.

Sans étalage superflu de technique, sa cuisine parvient à éveiller des émotions rares et persistantes. Elle exprime son respect émerveillé pour les cadeaux de la terre et de la mer qu’il glane lui-même sur le marché de Vannes, chaque semaine.

De cette sensibilité naissent des plats vibrants, presque jubilatoires par la limpidité des saveurs qu’ils offrent, comme cette balade estivale autour du rouget, haricots croquants et patates douces rôties, blé aux sucs de légumes, bisque de langoustines iodée.

Au diapason de cette cuisine aussi gourmande que délicate, Marine propose des vins de vignerons passionnés.

Le corps est rassasié, le cœur aussi !


Les Jardins de Kerstéphanie

Les Jardins de Kerstéphanie

Après avoir roulé sa bosse en Angleterre puis à Paris où il côtoya quelques-unes des hautes toques de la gastronomie française, l’appel du large a fini par gagner Emmanuel Kouri. Dans son baluchon de cuisinier, il n’oublia pas d’emporter avec lui des techniques bien rodées et une créativité vagabonde. Nouveau port d’attache : Sarzeau, entre Mor Braz et Mor Bihan. Même si le grand bleu ne s’admire pas depuis les fenêtres de cette ancienne bâtisse convertie en restaurant, son souffle, dans l’assiette, est évident. Pour preuve : confortablement installés face à l’âtre crépitant, un midi d’hiver, nous nous sommes d’abord régalés de soyeuses noix de Saint-Jacques voilées d’un sapide sabayon à la tomme (de Rhuys, évidemment). Du Saint-Pierre, ensuite, remarquablement cuit au gril, accompagné de blettes croquantes (du champ voisin, littéralement) et de coques iodées; enfin, une facétie cacaotée “comme une crème brûlée” qui prodigua toute la douceur attendue d’un dessert.

Voilà la version du restaurant gastronomique que l’on aime : précis, inventif, gourmand, sensé, qui ne se perd pas dans de dispensables chichis.

drop

drop

Un nom qui claque, une déco stylée, des assiettes à partager arrosées de vins nat’ et de gin’to : encore un repaire de hipsters ? On pourrait le croire, mais ce serait passer à côté de la sincérité de la démarche de Julia et Urvan, tenanciers de cette ancienne apothicairerie depuis Novembre 2024.

Ce couple de costarmoricains (elle fille de boulanger, lui fils de pêcheur), ont voulu avant tout créer un lieu dont ils pourraient être les premiers clients. Passionnée de vin, Julia connaît sa carte (aux accents alsaciens !) par cœur et prodigue des conseils sur mesure. Autre belle surprise : l’endroit, qui passe pour être un bar, offre une expérience culinaire détonnante, où chaque assiette porte une véritable identité gustative.

Cela est à mettre au crédit d’Urvan, en cuisine, qui a eu la riche idée de proposer une résidence tournante de chef.ffes. Initiée par leur copain Renan (ex-Mandale, l’un des restaus chouchous des Nantais), le concept permet à des cuisiniers d’ici et d’ailleurs de signer une carte pendant deux mois.Le menu varie mais pas la qualité des produits, chinés chaque semaine sur le marché de Talensac : viandes de la boucherie Delanoë, poissons de chez Petigas, huîtres Charrier, etc.

C’est beau, c’est bon : une adresse dont on ferait volontiers son QG !


le mirza

le mirza

Qu’on se le dise : l’habit ne fait définitivement pas le moine. Derrière ses airs de rade de quartier (comptoir rétro, terrasse sur la rue, mini-cuisine ouverte), voilà une adresse qui prodigue des assiettes sacrément fines qu’on ne serait pas choqués, pour certaines, de trouver sur la table de restaus gastros.

A vrai dire, il n’y a pas de secret : additionnez aux produits de qualité (issus du marché de Talensac à deux pas, de chez Simon Bégasse ou de la ferme du bois des Anses) les vrais talents de cuisinier de Maxime et Julien, et vous obtenez, par exemple, cette divine thonine fumée, une selle d’agneau farcie, ou encore ce fameux plat-pain (toppings estivaux : ricotta fumée et courgettes), l’un des grands invariants d’un menu qui, sinon, change au fil des semaines.

Côté vin, la carte est logiquement orientée nature, avec quelques belles pépites dénichées et savamment conseillées par François, le troisième larron, qui est aux commandes du bar.


crapule

crapule

Avec un tel nom de restaurant, on s’interroge : va-t-on passer un sale quart d’heure ?
Cela fut plutôt tout l’inverse ce midi-là, grâce à une formule particulièrement juste mitonnée par Benoit et son équipe : des moules gratinées à s’en lécher les doigts, un filet mignon parfaitement cuit, et du riz au lait meilleur que chez mamie. Il faut dire que lorsque l’on tient un établissement situé au cœur de l’un des plus beaux marchés de Bretagne, cela oblige un peu. Mais c’est avant tout par une passion sincère du bon produit qu’est animé le couple de restaurateurs. Charlotte, sommelière de formation, a constitué une cave pointue et orientée nature qui satisfait tous les budgets. Benoît, quant à lui, ne tarit jamais d’éloges sur ses producteurs, comme la ferme de Trevero qui lui fournit un excellent cochon, Betty Maheo et ses légumes bio, ou les pains de la petite Boulange pétris à deux pas d’ici.

Un vrai bistrot de copains, qui, en plus, régale les vannetais sept jours sur sept !


Madeleine Café

Madeleine Café

Aménagé dans un ancien entrepôt, l’endroit aurait pu être une énième déclinaison d’un de ces coffee shops qui peuplent désormais les centres-villes. C’était sans compter sur Youtchen, formé à la boulangerie à Lyon et passé par Montréal, qui s’est attelé à lui donner une âme en constituant une équipe soudée et joyeuse. Ce Taïwanais d’origine, passionné de café de spécialité, partage l’affiche derrière le comptoir avec Marion et Eleanor, dont l’accent so british résonne gaiement entre les murs de béton brut. Dans sa cuisine de poche, Victoria, la cheffe, parvient à sortir des assiettes d’une épatante fraîcheur teintées d’Asie, comme ces rolls de chou pointu façon nems à la poitrine de porc, pleurotes, salade de nouilles de riz.

Le sourcing est évidemment impeccable : légumes de leur ami maraîcher Simon Bégasse, installé à St Julien, viandes de la boucherie Touzet, marché de Talensac pour le reste.

Côté mie, les douceurs sont livrées chaque jour par Pierre Antoine Arlot, fondateur de la maison Arlot Cheng et associé de l'établissement.

la grande table

la grande table

Voilà un peu plus d’un an que cette « charcuterie nouvelle », sise Rue de Strasbourg, régale les aficionados de cochonnailles artisanales. Tenanciers de cette boutique à la devanture rétro et au lettrage soigné, Claire et Benoît Decouture n’étaient ni l’un ni l’autre destinés à exercer un métier de bouche. Cela ne les a pas empêchés de se prendre de passion pour l’un des étendards de la gastronomie française, le pâté en croûte, qu’ils déclinent en plusieurs recettes saisonnières et créatives (à l’honneur cet été-là, une composition faite de cochon vendéen élevé en plein air, abricots, cranberry, et pistaches).

Célébrer la tradition, évoquer des souvenirs de généreuses tablées d’enfance, voilà précisément ce qui fait la fierté de Claire lorsqu’elle revêt son tablier.

Une sélection de salaisons, sourcée avec soin, ainsi qu’un petit rayon épicerie achève par ailleurs de régaler les becs salés.Enfin, en hommage au zinc des bistrots d’antan, il est possible de repartir avec un sandwich le midi, préparé minute et garni de la charcuterie de son choix. Génial !


ezope

ezope

Au cœur de la bouillonnante rue Léon Blum, à deux pas des rives de l’Erdre, une petite échoppe à la façade colorée attire l'œil. Les habitués du quartier y défilent le midi, appelés par les savoureuses focaccias d’Aude et Antoine. Après avoir englouti de nombreux encas sur leur pause déj’ dans une vie précédente, ces deux passionnés de restauration ont décidé de tenter leur propre aventure en 2022. Le projet était simple : redonner ses lettres de noblesse au sandwich. Antoine, un brin perfectionniste, n’a pas ménagé sa peine pour trouver la recette idéale du fameux pain italien : texture de la croûte, légèreté de la mie, rapport pain/ garniture : rien n’est laissé au hasard. Et c’est réussi ! Épaulé par Ousmane en cuisine, il apporte un soin particulier à l’équilibre des recettes, toujours créatives et de saison. En témoigne cette excellente déclinaison végétarienne aux légumes rôtis dans l’esprit d’une caponata, burrata crémeuse, pesto de graines de courges et pickles.

Ajoutez à cela des desserts faits maison, une sélection de boissons bio et une addition au prix doux, et l’on obtient la cantine du midi idéale !



Mugen Ramen

Mugen Ramen

A deux pas de l’hôtel de ville, le bleu Klein de l’Aménité, ex-table de Richard Cornet, s’est mué en vert bouteille à l’automne 2023.

Guillaume et Victorien, copains depuis le collège, ont repris ce local atypique pour en faire un petit temple du Ramen désormais bien connu des foodies nantais.

Inspirés par les légumes d’Alice Ménard, la saison et une créativité qu’ils ne brident pas, les deux associés mitonnent des bouillons riches et goûtus dans lesquels baignent les nouilles qu’ils produisent eux-mêmes chaque mardi.

Sur leur carte courte, le tantanmen fait office de « ramen signature » : bouillon de poulet cuit 24h, poulet haché bien relevé, cébette, ciboule chinoise, pak choï, huile aromatique, cacahuète et poivre de Sichuan. Les sides ne sont pas en reste : traditionnels gyozas, tofu soyeux ou karaage, le fameux poulet frit japonais, toujours meilleur avec les doigts.

S’ils peuvent se targuer de concocter des ramens qui comptent parmi les meilleurs de la ville, leur vraie fierté est surtout d’avoir créé une équipe aux profils complémentaires, enthousiaste de se retrouver à chaque service.

Au fait, pourquoi Mugen ? « L’infini » en japonais, ou la seule limite qu’ils se fixent dans la déclinaison de leurs recettes.

marché noir

marché noir

A moins que le bon goût soit interdit, la marchandise de Martin Rautureau et Benoît Grandvalet n’a rien d’illégal.
Ces deux sacrés enfumés, copains et associés depuis 2019, n’ont pas hésité à redéfinir leur projet originel pour enfiler une casquette de traiteur qui leur sied désormais très bien. C’est un fait : leur présence répétée sur les plus gros événements de la péninsule armoricaine (au Hellfest et sur le Festival Interceltique, entre autres) leur a taillé une réputation qui dépasse aujourd’hui ses frontières. Malgré des volumes croissants, ils n’ont même pas sacrifié la qualité de leurs approvisionnements : vaches nantaises de Benoît Rolland (qui pâturent autour du labo de production) cochons et légumes bio de Bretagne, Saint-Jacques du bateau Trugarez, etc.

Que les agoraphobes se rassurent, leurs fumoirs mobiles se déplacent sur tous types d’événements, publics comme privés, y compris les mariages. Ciao les petits fours, vive le pastrami !

Fair-e

Fair-e

Faire juste et faire bon. Cela pourrait être la devise du restaurant créé par Alice et Emmanuelle il y a maintenant deux ans, dans ce quartier de l’île de Nantes où les immeubles poussent aussi vite que les courgettes en été.

Inspirées par leur engagement auprès des personnes réfugiées (Alice est l’une des organisatrices du refugee food festival à Nantes), les deux amies proposent à la métropole ligérienne un lieu d’expression des cuisines du monde, solidaire et joyeux.

Au-delà de sa vocation sociale, qui a permis d’accompagner plus de 70 stagiaires et de former sept cuisinier.e.s depuis l’ouverture, fair-e n’oublie pas d’être un vrai bon restaurant. La preuve : il suffit de passer devant ses baies vitrées entre midi et deux pour constater que, bien souvent, aucune place n’est libre sur les grandes tablées qui donnent à l’endroit des airs de cantine. Ici, les assiettes sont chinées et la cuisine bigarrée : moutabal en entrée, haricots blancs façon cacio e pepe, tres leches revisité (dessert typique d’amérique du sud), dont il ne resta pas la moindre miette ce midi-là.


le vélo à gaufres

le vélo à gaufres

Rencontrer Marie-Astrid au détour d’une rue de Nantes sur son vélo à Gaufres, c’est l’assurance de repartir avec le sourire. D’abord parce que le sien est particulièrement communicatif, mais aussi, bien sûr, grâce à ses gaufres aussi savoureuses qu’originales.

Assurément, le pari de remodeler ce monument de la street-food belge était osé ! Mais la forme oblongue que leur a donnée cette petite-fille de pâtissiers est ingénieuse : elle permet de les fourrer et de garder ainsi bien au chaud les garnitures. Deux versions salées, trois sucrées : une carte volontairement courte, valorisant des produits sains et bio, issus du travail d’artisans locaux et engagés, dont les noms figurent tous sur la carte du food-bike (farine bio de la ferme de l’Anfrenière, saucisse directement élaborée par les éleveurs à La Grigonnais, épicerie de chez Ô Bocal à Nantes, etc.).

La transparence et la qualité des relations humaines ne sont pas des vains mots pour Marie-Astrid, qui a toujours une attention pour ses clients au moment du service.

Preuve qu’il n’y a pas de “petite” restauration lorsqu’elle est faite avec le cœur !


lamaccotte

lamaccotte

Après presque 10 ans d’existence, peut-on parler d’institution ?
Si Guillaume Maccotta (affectueusement surnommé Lamacotte par son mentor Jean-Yves Guého) ne s’en vante évidemment pas, force est de constater qu’une telle longévité est devenue une denrée rare dans le milieu de la restauration.Pour durer dans ce métier exigeant, le facteur humain est évidemment essentiel. Guillaume l’a vite compris en s’entourant de deux piliers qui lui sont restés fidèles depuis l’ouverture : Alexandre en salle et Maxime en cuisine.
Ce dernier, britannique d’origine et formé dans certaines des plus belles maisons de l’hexagone délivre une cuisine à la fois technique, savoureuse et généreuse.

Le midi, le rapport qualité/service/prix est excellent et fait la part belle aux beaux produits, largement locaux et bio : veau et sucrine en entrée suivi d’un pressé d’agneau crousti-fondant aux saveurs orientales, avant de finir par une ultra-réconfortante crème namelaka au sarrasin et au café.

Enfin, avis aux amateurs de vins bio et nature : il y a dans la cave constituée par Alexandre de jolies pépites !


agapé

agapé

« Je peux engloutir dix à douze pizzas par semaine » nous confesse, espiègle, Pierre-Yves Combradet, fondateur de l’établissement. Fallait-il une meilleure raison que celle-ci pour ouvrir sa propre pizzeria ? Installé depuis 2021 dans un quartier cossu de la cité ducale, le restaurant propose une déclinaison nantaise du plat phare de la cuisine italienne. Au terme de longues sessions de R&D (comprenez « recherche et dégustation »), Pierre-Yves et son chef Antonin ont élaboré, en plus d’une carte fixe assez traditionnelle, des recettes de saison particulièrement originales. En témoigne cette « Bamboche », qui associe la courgette aux graines de tournesol, avec des pickles de chou rouge et de radis noir et une purée de mogette au poivre. Jusqueboutiste sans être militant, si ce n’est du bon sens, Pierre-Yves a fait de la localité de son approvisionnement une devise.

(Tomate) cerise sur la pizza : l’établissement est même certifié bio !Comme l’évoque le nom de son restaurant (« Agapé » signifie « amour universel » en grec) Pierre-Yves a voulu avant tout créer un lieu qui rassemble la grande famille des gourmands, qu’ils soient vegan, végétariens, ou viandards, autour d’une spécialité quasi-universellement appréciée.

Pari réussi !